Ce que sont devenus les ex-boursiers

Taux de réussite des boursiers

Pour cette estimation, nous nous sommes basés sur  les étudiants parrainés entre 2000 et 2010.

En effet, depuis l’an 2000, le SIG ne parraine plus les élèves de l’enseignement primaire, mais privilégie ceux de l’enseignement secondaire et universitaire, dont les études sont plus coûteuses. Ces 2 niveaux d’études sont en pleine croissance et traduisent la formation de plus en plus élevée de professionnels mayas de haut niveau.

Sur les 445 étudiants qui ont été parrainés entre 2000 et 2010 (et qui ne l’ont plus été à partir de 2011), le taux de réussite (obtention du diplôme) est de + ou –

  • 60% en secondaire inférieur, soit 47 étudiant(e)s sur 79 (voir remarque 1)
  • 78% en secondaire supérieur, soit 217 étudiant(e)s sur 279
  • 67% à l’université, soit 58 étudiant(e)s sur 87

Remarques :

  1. La plupart des étudiants qui ont obtenu leur diplôme en secondaire supérieur et à l’université avaient été parrainés par le SIG en secondaire inférieur et ne sont pas repris dans le taux de réussite des étudiants en secondaire inférieur renseignés ci-dessus.
  2. Les étudiants dont la bourse a été suspendue avant l’obtention de leur diplôme n’ont pas tous abandonné leurs études. Certains ont continué par leurs propres moyens, ont laissé l’opportunité de la bourse à d’autres ou ont été aidés par une autre organisation.
  3. La plupart des étudiants qui ont arrêté leurs études avant l’obtention de leur diplôme l’ont fait pour des raisons économiques (obligation de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille par exemple) ou pour des raisons de santé. 
  4. La plupart des boursiers étudient dans des conditions difficiles : pauvreté de la famille, éloignement de l’institution scolaire, logement inadéquat, santé délabrée par la dénutrition, nécessité de travailler parallèlement aux études…

Insertion professionnelle

Nous ne savons pas exactement ce que sont devenus tous les anciens boursiers diplômés de l’enseignement secondaire supérieur ou universitaire. Mais ce que nous avons appris incidemment lors de voyages réguliers au Guatemala et par contacts téléphoniques, courrier et courriels est spécialement intéressant.

Avant 2000, 2 boursiers universitaires (un sociologue et un économiste) sont retournés dans leurs cantons d’origine et y ont été élus bourgmestres. L’un d’entre eux, le sociologue, avec la collaboration d’autres boursiers y a fait un superbe travail  de développement (introduction de routes, électrification de villages isolés de son canton, introduction d’eau potable dans d’autres villages, fondation d’une grande école primaire Maya, et d’une école secondaire en Coopérative où enseignent des instituteurs mayas anciens boursiers). Ailleurs, un ex-boursier diplômé régent en musique, du groupe de Quezaltenango, est devenu directeur d’une école secondaire. Un autre enseignant est devenu membre du Conseil d’administration de l’académie des langues mayas, qui a dialogué avec le gouvernement pour obtenir la réalisation des accords de paix concernant la culture indigène. D’autres, ayant fait le droit, ont été sollicités pour participer comme conseillers juridiques pour introduire ou rédiger des projets d’amendement à la constitution.

Une autre boursière en droit, du groupe de Palin, a fait une spécialisation en droit environnemental et est devenue traductrice juridique dans la langue Poqomam de son ethnie.

La plupart des enseignants Mayas diplômés travaillent dans des écoles Mayas, d’autres dans des ONG.

Et depuis l’an 2000 ?

Quelques remarques importantes :

Le Guatemala souffre encore d’une guerre civile qui a duré 36 ans. Il est sujet à de graves problèmes internes – violence endémique, économie ruinée, trafic de drogue, dénutrition… Cela explique que de nombreux boursiers sont employés à un niveau nettement inférieur à celui de leur diplôme, et même acculés à de petits boulots en attendant un véritable emploi.

On peut ajouter que la corruption est telle, dans l’administration, qu’il faut parfois payer pour obtenir un véritable emploi.

D’autre part, l’engagement des boursiers ne se limite pas à leur profession, mais se déploie souvent dans des organisations citoyennes (sociales, politiques, culturelles, environnementales, de droit humain, récupération de terres injustement confisquées aux paysans, etc)

En vrac, quelques exemples d’insertion professionnelle :

  • Beaucoup d’institutrices/teurs enseignent dans des écoles multiculturelles, la plupart en milieu rural pauvre, et plusieurs sont directrices/teurs d’école ; d’autres encore travaillent dans des ONG
  • Un licencié en droit est devenu juge de paix
  • Un licencié en sciences politiques est coordinateur de projets dans une grosse ONG de développement britannique au Guatemala
  • Plusieurs experts en développement rural et 2 ingénieurs forestiers travaillent dans des ONG de  défense des communautés rurales pauvres et de leur accès à la terre
  • Plusieurs licenciés en droit travaillent dans la commission présidentielle des droits humains (COPREDEM) et une licenciée interculturelle lutte pour les revendications des peuples indigènes, spécialement des femmes
  • Des diplômés en comptabilité exercent leur profession dans des administrations publiques ou privées, soit comme comptables, soit comme secrétaires
  • Des licenciés en sciences économiques sont comptables dans leur entreprise ou dans des coopératives
  • La plupart des  licenciés en pédagogie sont professeurs dans l’enseignement secondaire
  • Une licenciée en sciences du travail organise la formation juridique et politique de femmes

Comme signalé dans la remarque ci-dessus, plusieurs ex-boursiers sont à la recherche d’un travail ou ont dû accepter un travail qui ne correspond pas à leur qualification.

Un extrait de la lettre que nous a adressé la directiva à la fin de l’année 2011

« L’objet de cette lettre est de vous réitérer notre plus profonde reconnaissance pour le travail social que vous avez accompli durant plus de 25 ans. Nous comprenons le sacrifice et l’effort que vous réalisez pour obtenir l’aide économique pour le développement intégral dont ont bénéficié beaucoup de jeunes guatémaltèques.

Les résultats se sont reflétés dans tout le pays ; des jeunes licenciés ont occupé des espaces clés dans des services publics et privés, ce qui nous motive à aller de l’avant. Et votre effort de générosité a contribué au développement intégral des familles de jeunes dans un pays où existe l’injustice sociale, où le peuple n’est pas représenté dans les systèmes de gouvernement. Les valeurs que vous apportez aux jeunes est un élément qui forgera les changements au long de l’histoire de ce pays. »

Le SIG

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